Docteur Ahmed Bourhane Abderemane, la cheville ouvrière de la reconnaissance des sites comoriens par l'UNESCO Aujourd'hui, à Busan, en Corée du Sud, les six médinas des Sultanats historiques des Comores ont officiellement rejoint la prestigieuse Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Une décision historique qui couronne plus de vingt ans d'efforts. Ce succès, nous le devons en grande partie au travail acharné du Docteur Ahmed Bourhane, natif de Ouani, à Anjouan. Un parcours d'excellence au service du patrimoine Archéologue-anthropologue, le Docteur Ahmed Bourhane a soutenu sa thèse à l'INALCO sur les rites pré-islamiques à Anjouan. Professeur d'université et ex-directeur régional du Centre national de la documentation et de la recherche scientifique (CNDRS) à Anjouan, il occupe depuis 2019 le poste de coordinateur national pour le montage du dossier des sultanats historiques des Comores au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il fut également membre fondateur du Collectif patrimoine des Comores, aux côtés de Madame Fatima Boyer et avec l'impulsion de l'ambassadeur Abdallah Mirghane. Ce collectif a été le moteur de la mobilisation pour la sauvegarde des biens culturels comoriens, face à un État qui n'a pas toujours mesuré l'importance de ce patrimoine. Un chercheur passionné et reconnu internationalement Homme passionné, chercheur et amoureux des Comores, le Docteur Ahmed Bourhane est actuellement en mission de six mois pour l'Organisation internationale de la Francophonie, consacrée à l'enseignement et à l'élaboration d'un guide touristique. Parallèlement, il travaille en lien avec l'Université du Queensland, en Australie, dans le cadre de fouilles archéologiques majeures. Ces recherches ont permis de confirmer l'existence de villes au lac salé et autour du prophète, au nord de la Grande Comore, dès le VIIIe siècle après Jésus-Christ. D'autres études sont attendues à Mwali Mdjini (Mohéli) et Dembeni (Grande Comore). Les enjeux post-reconnaissance : un nouveau départ Comme l'a souligné le ministre comorien de la Culture, « ce classement n'est pas une ligne d'arrivée mais un point de départ ». La reconnaissance par l'UNESCO ouvre des perspectives considérables, mais impose aussi des responsabilités nouvelles. Préservation et restauration : Les médinas sont des espaces vivants, mais fragiles, menacés par l'urbanisation et le manque d'entretien. Le classement implique l'obligation de mettre en place des stratégies de conservation durable pour protéger ces sites. Des travaux de restauration, comme ceux du palais d'Ujumbe à Mutsamudu, sont déjà en cours. Développement économique et touristique : L'inscription est un levier pour développer un tourisme culturel responsable, source d'emplois et de retombées économiques pour les communautés locales. L'enjeu est de transformer ce patrimoine en « vecteur de développement durable ». Valorisation et transmission : Il s'agit désormais de faire connaître ces trésors au-delà des frontières, de sensibiliser les populations à leur valeur et d'assurer la transmission aux générations futures. Comme le rappelle l'historien Faridy Norbert, « les Comores possèdent une richesse patrimoniale inestimable », un atout unique dans l'océan Indien. Le Docteur Ahmed Bourhane, par son expertise, sa passion et son engagement, restera comme l'une des figures majeures de cette victoire. Une victoire qui place désormais les Comores sur la carte mondiale du patrimoine et leur offre l'opportunité de construire un avenir où culture, fierté nationale et développement économique marchent main dans la main. Nakidine Mattoir © « Copyright » Habarizacomores.com– www.habarizacomores.com
2026-07-25 20:39:23