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Maman, tu me manques ! (Par Alas)

Maman, tu me manques ! (Par Alas)
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Après la pluie, le beau temps, dit-on. Et pendant la pluie? C’est connu, la pluie installe un sentiment morne, mélancolique. Celle de ce jour n’a fait qu’accentuer une sensation de tristesse depuis le réveil. Nous sommes le 15 septembre, date de l’anniversaire de mariage de mes parents. Depuis une vingtaine d’années, j’ai toujours tenu à marquer l’événement en leur offrant à chacun un cadeau d’anniversaire selon mes moyens. Ils les ont toujours appréciés. C’était pour moi une opportunité supplémentaire de solliciter leurs bénédictions. J’en étais plus que content. Pour la première fois donc, je suis en train de ressentir un sentiment exactement à l’opposé de celui que me procurait ce jour, parce que tu n’es plus là, maman. Depuis ton départ, j’avance, partagé entre mes prières quotidiennement formulées pour toi et mes réflexions sur le sens de ma vie à présent. Certes, moult choses pèsent sur ma conscience. Elles ont noms inquiétude, solitude, gratitude et sollicitude. Plus le temps s’écoule, plus je me rends compte du poids que tu avais et continue d’avoir dans ma vie. Je me sens dès lors amputé d’un membre vital. Je claudique dans mon cheminement. Parce que la confidence noie la douleur d’après Ramatoulaye, personnage central du roman “Une si longue lettre” de Mariama BA, j’ai choisi de coucher sur papier mon ressenti. J’ai décidé de retourner vivre dans la maison familiale pour épauler papa. J’avoue que depuis notre arrivée, la vie reprend son cours petit à petit sans l’âme de la maison qui est partie avec toi. Le décor pétrifié perd petit à petit de sa superbe avec ton départ. Fort heureusement, les enfants sont là pour introduire de temps à autre quelques onces de bonheur dans cette détresse infinie. Je te revois à travers chacun d’entre-eux. Cela tient à de petites choses: telle posture chez l’une, telle intonation chez l’autre. Et dans un geste de remémoration, j’enfile la tenue de la grand-mère aimante, avenante, bienveillante que tu as été. Je me promets de les chérir autant que je t’ai aimée. C’est une bonne méthode d’atténuer la douleur. Ils demandent de tes nouvelles de temps à autre, surtout ton chéri, Fodé. Tu le connais curieux. J’ai beau lui expliquer que tu es montée au Ciel mais il ne finit pas de demander la date de ta descente. Cette attente, j’ai voulu la satisfaire en lui disant ce qui s’est passé. Hélas, papa m’en a dissuadé. Il les trouve trop jeune et donc fragiles pour recevoir pareille information. Et pourtant, je trouve que ce serait une bonne forge, surtout pour lui, jeune garçon appelé à devenir homme. “Ku say wéy-jur di dund, xamal ni ñaari bésu naqar a ngi sa kanam.” Cette phrase que m’a dite un ami qui se reconnaîtra à la lecture du texte doit être sérinée à toutes et tous, quel que soit l’âge, pour préparer aux deux chocs inéluctables. Depuis ton départ, de temps à autres, parents et proches appellent pour s’enquérir de mon état et de celui des enfants. Je les en remercie infiniment. Certes je parais placide en dépit de ma souffrance intérieure. Néanmoins, j’essaie tant bien que mal de m’accommoder à cette nouvelle forme de relation que j’entretiens avec toi dorénavant. Sur ta tombe, je parle à haute voix, avec la ferme conviction que tu m’entends. Je te prie donc de m’apparaître en songe pour me rassurer. Notre lien est si fort qu’un changement d’espace ne saurait le couper. Nous nous reverrons donc et cette fois, pour l’éternité. “Ay du weesu ndey dee na.” disent nos parents saalum-saalum. Je suis en train de l’expérimenter amèrement. Je prie Dieu de m’insuffler assez de dignité et de courage pour aller de l’avant. Ce serait le plus bel hommage pour toi et j’en suis conscient. Ton fils bien aimé, Alas. Ps: J’ai une pensée forte envers deux amis qui ont chacun perdu un parent dernièrement. Pour mon ami et frère Seydinaa Limaamu KA, je partage la peine de la perte de tonton Beytiir. La seule fois que je l’ai salué, à l’occasion de ton mariage me laissa un souvenir impérissable. Sa disparition, fortement relayée dans la blogosphère illustre l’aura qu’il avait sur toute une communauté religieuse d’une part et une autre, intellectuelle, d’autre part. A mon camarade et ami Àllyun Badara Mbay, je partage la douleur de la perte de ta mère. Je tiens à saluer hautement la sérénité qui se voyait dans tes publications. Ce n’était pas évident pour qui connaît le rapport fusionnel que tu avais avec ta maman. A l’ISM, nous en discutions souvent pour, finalement nous rendre compte que nous étions tous les deux, des “doomu-yaay”. Courage mes frères. Ce texte dont j’ai démarré la rédaction le matin du 15 septembre est publié ce 18 septembre marquant l’anniversaire de naissance de tonton Omar Blondin DIOP, qui aurait eu 80 ans ce jour. Je tiens à saluer la mémoire de ce digne fils du continent, trop tôt arraché à l’affection des siens. Gloire à ta mémoire et paix à ton âme.
2026-09-18 14:57:47

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