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DR Congo: Genre roles et pouvoir de decision dans la riposte Ebola à Bunia Rwampara et Nyakunde

DR Congo: Genre roles et pouvoir de decision dans la riposte Ebola à Bunia Rwampara et Nyakunde
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Country: Democratic Republic of the Congo Source: Mercy Corps Please refer to the attached file. L’Analyse Rapide de Genre (ARG) conduite dans les zones de santé (ZS) de Bunia, Rwampara et Nyakunde montre que la riposte à la Maladie à Virus Ebola (MVE) s’inscrit dans un environnement de vulnérabilités sociales, économiques, sanitaires et de protection, qui touchent différemment femmes, hommes, filles et garçons. Les participants aux discussions de groupe et les informateurs clés rapportent une amélioration des connaissances et de l’acceptation de la MVE. Cette amélioration ne profite pas à tous de la même façon : rumeurs, méfiance et contraintes matérielles limitent l’adoption durable des mesures préventives et le recours rapide aux soins, et pèsent surtout sur les femmes et les filles, qui appliquent l’essentiel des mesures sans contrôler les ressources nécessaires. Dans les trois ZS, les personnes interrogées déclarent mieux reconnaître les signes de la MVE et plusieurs mesures de prévention : lavage des mains, réduction des contacts physiques, signalement des cas suspects, recours aux structures de santé. L’écart entre connaissance et pratique reste important. L’accès irrégulier à l’eau, au savon, aux dispositifs de lavage des mains et à l’assainissement constitue un obstacle majeur. À Nyakunde, certaines filles doivent se lever très tôt pour collecter l’eau, ce qui alourdit leur charge de travail et leur exposition aux risques de protection. À Rwampara, la distance et les ressources financières des ménages limitent la disponibilité de l’eau. À Bunia, la couverture en dispositifs de lavage des mains reste insuffisante dans certains lieux très fréquentés. L’analyse met aussi en évidence une forte division genrée des rôles. Les femmes et les filles assurent l’essentiel des soins aux malades, de la collecte de l’eau, de l’hygiène du ménage, de la surveillance des enfants et de l’application des mesures préventives. Cette responsabilité leur donne une influence pratique réelle, mais accroît leur exposition aux risques sanitaires et de protection. Les hommes conservent une influence importante sur certaines décisions familiales et communautaires, notamment le recours aux soins et la mobilisation des ressources. Les garçons et les jeunes jouent un rôle croissant dans la sensibilisation, l’alerte, l’entretien des dispositifs EHA et la transmission des messages. La participation communautaire est réelle, mais le niveau de participation ne correspond pas toujours au niveau d’influence dans la prise de décision. Les femmes et les jeunes garçons sont fortement mobilisés dans la prévention et la sensibilisation, mais leur influence sur les décisions stratégiques reste variable. À Rwampara, les femmes participent aux activités communautaires, avec une influence limitée dans certains espaces de décision. À Nyakunde, la représentation des femmes et des jeunes est relativement plus inclusive, sans effacer le poids des hommes dans les décisions critiques. À Bunia, les jeunes semblent avoir gagné en reconnaissance grâce à leur rôle dans la sensibilisation. Les normes sociales, culturelles et réseaux d’influence jouent un double rôle. Les salutations, les contacts physiques, le partage des repas ou des récipients et les cérémonies funéraires peuvent favoriser l’exposition et compliquer les mesures barrières. À l’inverse, les chefs coutumiers et locaux, les leaders religieux, les RECO, les enseignants, les responsables des jeunes et les associations sont des relais essentiels pour l’acceptation des messages. L’expérience directe de la maladie, notamment l’observation de décès ou de guérisons, semble aussi avoir fait évoluer les perceptions. Enfin, l’ARG met en évidence des risques de protection et de VBG différenciés selon le sexe et l’âge. Les femmes et les filles sont particulièrement exposées, du fait de leurs responsabilités domestiques, de leurs déplacements pour accéder à l’eau et de certains rapports de pouvoir. Certains informateurs rapportent aussi des risques d’exploitation et d’abus sexuels dans le contexte de la riposte. La stigmatisation des personnes affectées, des contacts et des survivants est un risque transversal : elle peut entraîner la sous-déclaration des symptômes et des incidents de VBG. Ces constats appellent une riposte Ebola qui associe systématiquement communication des risques, engagement communautaire, EHA, genre, protection et VBG, plutôt que de les traiter séparément.
2026-10-07 08:31:49

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